Introduction

La famille Arevian est originaire de Perkinik, un village d’Anatolie. Hagop y est né avant que sa famille ne déménage sur Constantinople. Son père, Nazaret, travaillait dans le port de Constantinople.

 


A travers mes recherches par internet j’ai rencontré virtuellement un autre descendant natif de Perkinik, Jo Topalian dont la famille avait émigrée aux USA sur la cote Est. Un manuscrit écrit par un moine arménien qui décrit le village de nos ancêtres est venu en sa possession il y a quelques années et il a eu la gentillesse de m’en faire parvenir des extraits qu’il a traduits en Anglais.


 

Histoire du village de Perkinik (Pakradunik) dans la province de Sebastia (Asie Mineur)

Texte original écrit en arménien part le Frère Ephrem Boghossian, Mekhitariste de Vienne (1895-1972), traduction en Anglais par Monsieur Jo Topalian, et le texte anglais est traduit par Madame Haniel Riviere-Allen.

 

Le nom du village

Le nom du village est ‘Perkenik’. Le nom de Pakradunik’ est le nom traditionnel et officiel du village. Pakradunik est dans la langue parlée par les arméniens de l’Ouest alors dans la langue parlée par les arméniens de l’Est, le nom est prononcé ‘Bagradunik’. Ce nom proviendrait de la dynastie royale des Bagradounies qui date du début du moyen-âge. Une branche de cette dynastie se serait établie ici vers l’an 1000AD.

 

L’aspect du village

 

Le village de Perkinik s’étend sur un plateau montagneux situé au Nord-Est de Sebastia à une altitude de 1,200 mètres.

 

Hajian Vartabed, natif de Perkinik, connaît bien le village. Il écrit :

 

‘Le village de Perkinik est situe a l’Est, construit sur le ‘Perk’nkou Choor’, les eaux de la rivière passent pas une longue et étroite vallée et rencontrent les eaux de la rivière Halys, à trente minutes au-dessous de Sebastia. Les eaux froides et l’air de la montagne sont rafraîchissantes mais la température baissent brutalement durant les rudes hivers.

 

Les terres que possède le village sont étendues et couvrent un territoire qui prend trois heures à pieds à parcourir en longueur et à peu près une demi-heure dans le sens de la largeur. Au Nord se trouve la montagne Merekom d’où vient le terrible vent d’hiver mais aussi la plaisante brise rafraîchissante de l’été. L’eau de la rivière a un goût sucré et les fleurs de toutes sortes recouvrent en abondance le haut plateau. Depuis les temps immémoriaux, la rivière Halys (‘’Alis Ked’’ qui en turc moderne est appelée la rivière rouge Kizilirmak) a été l’une des frontière naturelle séparant Perkinik des villages turcs avoisinants. Cette frontière a été officiellement reconnue par les autorités du territoire. En 1888 (ou 1868 ?) par un édit du gouvernement, un ‘tahriri emlak’ (registre territorial) est établi pour collecter une taxe foncière et à cette occasion tous les champs et propriétés du village de Perkinik ont été recensés et évalués. A cette époque le village de Perkinik comptait 3,700 champs évalués à 1,600,000 tahegan, alors qu’il y avait 446 bâtiments évalués à 1,010,000 piastres. Basés sur ces évaluations, le gouvernement impose un ‘emlak’ ou impôt foncier de 10,500 piastres et un temettu ou impôt sur les revenus de 4,500 piastres.

 

(Notes de Jo Topalian : Ceci est une indication de la richesse et abondance, au moins a l’époque des années 1850. Personne ne possédait des terres sous l’empire Ottoman, seul l’Etat (le Sultan) était propriétaire des terres et prélevait l’impôt).

 

Bâtiments mémorables du village :

 

1)     Une ancienne église du nom de ‘La Sainte Mère de Dieu’ existait avant 1257. Ses ruines peuvent être aperçues près de la maison de Melikents ou Arabentz.

2)     Sur le coté Ouest du village, il y avait un endroit sacré appelé ‘luysaghpiur’ ou Saint Hovhannes (Saint Jean) par les villageois.

3)     Apres l’église de la Sainte Mère de Dieu, en 1257 une église appelée Saint Sarkis (Saint Serge) est bâtie, selon une inscription découverte dans les fondations de Saint Serge en 1837 lorsque l’église a été rénovée et élargie.

4)     En 1886 avait une grande école de garçons.

5)     Un grand et assez ancien presbytère pour les prêtres.

6)     Un établissement pour bain public construit en pierre

Cet établissement a été construit aux alentours de 1860 selon les écrits de Hajian. Il écrit :

‘’Les Perkeniktsees, désireux de mettre un terme aux impropriétés auxquelles leur femmes étaient soumises lorsqu’elles se rendaient à pieds aux bains publics de Sebastia, avaient considéraient depuis quelques temps de construire un tel établissement dans leur village. En quatre mois, ils érigèrent des bains publics faits de pierre de taille et de marbre dans le haut du village. Les profits générés par cet établissement était investis a perpétuité au bénéfice de l’école du village.

 

7)     Le moulins de Tavra, ainsi que les terres de Tavra et une vaste étendue de champs appelés Reissiants qui appartenait a Perkinik depuis les temps anciens.

 

Mr Jospeh Reissian écrit :

‘En dehors de Sebastia il n’y avait nulle part ailleurs de bain public dans la région, dans aucun village arménien ou turc, excepté à Perkinik. Ses bain publics étaient constitués de sept bassins et avaient été le fruit des efforts et de la coopération des villageois eux-mêmes. C’était un bâtiment spacieux et solidement construit avec une cloché. Les bassins étaient entièrement de marbre. Les après-midi étaient réservées aux femmes par ordre alphabétique de leur nom de famille, alors que les soirées étaient réservées de façon similaires aux hommes. Prés des bain publics il y avait un coiffeur pour homme qui était également le dentiste du village.’

 

 

La population du village

 

Nous n’avons pas d’information certaine sur la taille du village lorsque les premiers habitants sont venus s’y établir en 1021 étant venus de la Grande Arménie.

Le document le plus ancien date de 1237 AD et a été découvert dans les fondations de Saint Sarkis.

En tenant compte du fait que le village avait deux églises (Saint Sarkis et Sainte Mère de Dieu), il est possible d’établir que la population devait être conséquente.

Une portion de la population non-quantifiée a péri pendant les massacres de 1403 lorsque les hordes barbares qui venaient de l’Est sous les ordres de Lend Timur pillèrent l’entière région de Sebastia.

 

Des sources variées estiment le nombre des maisons aux alentour de 400 en 1893, ce qui pourrait équivaloir à une population de 4000 habitants. L’évêque Nazlian dit qu’en 1914 Perkinik comptaient presque 5,000 habitants, tous arméniens catholiques.

 

D’après l’Archevêque Habosian, abbé principal des Mekhitariste, Perkinik était à 100% arménien et à 100% catholique. Il n’y avait que trois villages de ce genre et les deux autres se trouvaient en Arménie de l’Est ou dans la région du Caucase. Ceci fait de Perkinik un lieu unique dans toute la vaste plaine de l’Anatolie.

 

Perkinik n’était qu’un village rural mais à partir des années 1700, un nombre important d’habitants de Perkinik s’installe à Constantinople. Bien qu’une petite partie seulement habite en permanence dans la Cité, il y avait souvent un va-et-vient d’habitants du village. Grâce à un natif du village qui devint un amiral dans la marine turque (Hassan Pasha) les habitants du village avaient le privilège exclusif de diriger le chantier naval personnel du Sultan.

 

 

 
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